Flers-sur-Noye et la littérature anglaise du 19ème

Flers-sur-Noye et la littérature anglaise du 19ème

Peu de communes peuvent se vanter d’être présentes dans la littérature anglaise du 19eme siècle, c’est pourtant le cas de notre village. Certes, c’est une présence modeste mais néanmoins réelle. Pendant l’été 1802, Sir John Dean Paul, citoyen anglais entreprit d’effectuer un voyage à Paris. Il décida aussi d’écrire un journal de bord qu’il éditera comme une sorte de guide de voyage pour ses compatriotes, un ancêtre du guide du routard en quelque sorte !!! Ainsi, pour son voyage retour, le 23 août, il fit une brève escale forcée à « Flers » (Sur-Noye qui accompagne Flers est apparu après la rédaction de l’ouvrage). Cet épisode est consigné dans son ouvrage : «Journal d’un voyage à Paris en Août 1802 », dont voici l’extrait :

Ayant beaucoup souffert de la grande chaleur dans l’après-midi, nous primes encore la résolution de ne voyager que le matin ou dans la soirée ; aussi, le lendemain, dès l’aube, étions-nous en voiture avant quatre heures. Jusqu’à Breteuil, le trajet s’effectua sans encombre ; mais ensuite, à mi-chemin d’Amiens, une des roues de devant de notre coach (qui avait souffert de la réparation autant que nous-mêmes avions souffert de la note exorbitante qu’il avait fallu payer) se détacha, et nous eûmes un moment la crainte que l’essieu ne fût brisé. Nous dépêchâmes immédiatement un postillon à la recherche d’un forgeron, pendant que nous attendions avec impatience, sur le bord de la route, abrités dans un fossé, à l’ombre d’un buisson. Heureusement le dommage n’était pas sérieux ; et deux heures suffirent pour nous mettre en état de poursuivre notre route. Cet accident, cependant, nous avait assez retardés pour nous empêcher de dépasser Flers et sa petite auberge qu’en Angleterre on traiterait de pauvre cabaret de barrière, et où l’on ne put nous offrir, en effet, que des œufs au lard et du pain rassis.
Pendant cet arrêt, d’épais nuages montrèrent tout autour de nous et le vent s’éleva, nous amenant un gros orage, avec tonnerre, éclairs et pluie serrée. Celle-ci rafraîchit très agréablement l’atmosphère, et nous partîmes pour Amiens, vers cinq heures, par la température la plus fraîche que nous eussions eue en France.
Arrivés à Amiens sans aucun retard, nous y fûmes fort bien reçus.

Vous vous ferez votre propre opinion sur le passage concernant Flers ! Au moins, on a une bonne indication de la météo de ce jour d’été de 1802 !

Sir John Dean Paul n’est pas resté dans l’histoire comme grand auteur littéraire, il a surtout laissé une trace en tant que peintre et illustrateur, il fut le spécialiste des illustrations hippiques de son époque. Voici une de ses œuvres : SteepleChase.

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